vendredi 12 novembre 2010

Pourquoi De Gaulle?


70% de voix pour le Général de Gaulle. Nous sommes bien en 2010 et il s’agit du résultat d’un sondage sur la personnalité la plus importante de l’Histoire de France. Le résultat est un plébiscite, digne des dictateurs africains mis en place par ledit général. Un score qui nous rappelle que les français gardent le premier président de la Ve République dans le cœur. Ou qu’ils ont la mémoire courte. Devenu l’incarnation de la Resistance grâce son entrée de rock star dans le Paris libéré, il a su faire oublier qu’il était à Londres pendant que d’autres se faisaient torturer par Klaus Barbie et ses sbires. Arrivé au pouvoir après avoir éliminer les Communistes, il a crée la Ve République. Sa République. Parfaitement adaptée à sa popularité et son charisme, elle est aujourd’hui un des gros points faibles d’un pays dont les figures politiques ne font plus rêver grand monde. Puis il est venu le temps des décolonisations. L’Afrique veut s’émanciper et obtenir les mêmes droits que les citoyens français. Charles de Gaulle a préféré offrir l’indépendance : on ne sait jamais, imaginez un indigène à la tête de la France ! Non Colombey-les-deux-Eglises ne deviendra pas Colombey-les-deux-Mosquées. Alors on donne l’Algérie aux Algériens. Enfin aux Arabes. Les Pieds-noirs qui avaient été compris ont en réalité été trahi. Perte de tous leurs biens, rapatriement à la Métropole et haine du pouvoir en place : les descendants de Pieds Noirs ne font certainement pas partis des 70% du fameux sondage. Passons les tentatives d’assassinats, le retrait de l’OTAN et Mai 68 : le Président plus grand que ses lits de fonction est déchu en 69 suite à un référendum sous forme de plébiscite. Un an plus tard, il meurt. Quatre décennies après, De Gaulle est partout : pas un patelin sans une rue à son nom, sans compter l’aéroport international et un porte-avion défaillant. Tout ceci semble assez important aux yeux des Français. Bien plus que les administrations créées par Napoléon, la fin des privilèges dont Le Chapelier fut un des rédacteurs ou que l’école pour tous instiguée par Jules Ferry.
Pourtant le Général de Gaulle représente un temps qui n’existe plus. La société s’américanise tout en ayant un nombre croissant de Musulmans parmi sa population. De quoi faire remuer un cercueil vieux de quarante ans au cimetière de Colombey …

Jean-Marie Marchais