mercredi 3 février 2010

Bougies amères



« Joyeux anniversaire par avance, Monsieur le président » aurait pu être les mots de Jean-Pierre Pernaut en lançant son émission. C’est en effet un gros cadeau sans ruban que s’est vu offrir Nicolas Sarkozy par TF1 en débattant face à onze français désemparés (qui n’iront pourtant pas en Afrique du sud cet été). Déjà réputé pour être aussi à l’aise en débat qu’un requin en mer chaude, il n’a pas eu du mal à affronter ses détracteurs d’un soir malgré tous leurs efforts déployés. Jouant la carte de la compassion et défendant bec et griffes son bilan, le résident de l’Elysée va certainement glaner quelques points dans ses (très) chers sondages. Il faut le dire qu’il a bien été aidé par Jean-Pierre Pernaut qui aurait, aux dernières nouvelles, conservé sa carte de presse. La star de l’audimat dans les maisons de retraites n’a pas vraiment animé les débats, se contentant de lancer des regards pleins d’amour au patron de la «droite décomplexée». Ayant certainement oublié de réviser ses fiches, il laissa le petit Nicolas faire passer des idées reçues pour des vérités. « Nous sommes le pays qui paye le plus d’impôts » lança-t-il tel un enragé de l’ultralibéralisme, oubliant que nos voisins italiens ou nordiques taxaient encore plus. Dans cette Cène – treize participants dont un qui se prend pour le Tout-Puissant - personne n’a eu la bien vaillance de jouer le rôle de Judas pour mettre en difficulté l’ultra-hyper-méga-président. Du coup il a pu rentré chez lui se disant qu’il a fait énormément pour ces onze français. Et laissant les soixante millions d’autres dans la merde.




Marcel Surlaplaie